27 août 2008
C'est ce que je me disais hier soir en lisant La Nuit de l'Iguane, j'arrivais pas à imaginer une femme (fût-elle Ava Gardner) appelant Richard Burton "mon p'tit"... Ce matin en écoutant la radio, l'expression avait un tout autre sens.
26 août 2008
J'en ai rêvé...
La rentrée des profs, ici, c'est le 25 août, donc depuis hier, Jérôme se lève tôt le matin et j'essaie de suivre son rythme. Impossible le premier jour car j'ai terminé les corrections du manuscrit à trois heures et demie du matin, et quand le réveil a sonné j'avais une drôle de tête. Mais aujourd'hui, j'ai filé juste après lui au Grand Café Orient, le café cubiste de Prague, où j'étais presque seule en arrivant, j'ai choisi une grande table à côté de la fenêtre et j'ai réussi à travailler trois heures, entre les différentes vagues de touristes. Vers 10h45 la première : le guide arrive avec un parapluie brandi comme un trophée, et ses ouailles accourent, une bonne trentaine d'anglais qui ont droit à une eau minérale, un thé ou café au choix et un "cubist cake" en forme de carré ou losange, que le guide leur présente sur une assiette, allez, vingt carrés dix losanges, et hop, on ne s'attarde pas plus d'une demi-heure, on a encore trois églises à visiter. J'ai failli partir à l'arrivée de la première vague, j'aurais eu tort : passées les premières minutes d'euphorie, le brouhaha se dissipe et le volume sonore est tout à fait supportable, et surtout, ça ne dure pas. Une anglaise est venue me demander si j'étudiais. J'ai dit "yes yes" d'un air bougon et je me suis sentie faire partie du patrimoine local. Le serveur m'a dit en partant : see you tomorrow, same time same table? Franchement, j'aurais tort de m'en priver. Je crois que j'ai rêvé de ça à peu près toute ma vie. Un café (où l'on peut fumer) avec un livre et de quoi écrire, une grande vitre où voir passer les nuages. J'essaie de ne pas trop boire d'alcool : nos amis tchèques sont capables de descendre leur litre et demi quotidien sans s'en apercevoir. Et puis ils sont très attentifs à nous faire boire du bon vin. Parfois du très bon. On redoutait un peu le vin tchèque : on a bu du très bon morave, du très bon chilien, du très bon bourgogne, du bordeaux... Je me suis endormie l'autre soir en écoutant Noir Désir : I'll drink water 'til I die. Un voeu pieux.
19 août 2008
Vu d'ici
Va falloir m'y habituer, c'est difficile de commenter l'actualité française "comme avant" depuis ici. J'écoute France Inter le matin et je dois pouvoir lire les versions web des grands quotidiens, ainsi que Rue 89 (les aventures de BHL en Géorgie) mais pour la télé, rien à faire, à part le zapping et le 20h, (ah si Groland quand même) no way, je vais devoir me passer de toutes ces petites drogues à la con, la chronique de Louise Bourgoin, les flingages du samedi soir chez Ruquier, les rediffs d'Hercule Poirot, C'est dans l'air, Mots croisés, et m'énerver devant l'émission "littéraire" de France 2. Pourtant, vu d'ici, l'actualité internationale a nettement plus de poids. La Géorgie ne fait rigoler personne, globalement tout ce qui a rapport de près ou de loin avec la Russie n'est pas drôle du tout et l'échiquier s'est un peu élargi dans ma tête, ce qui était un peu le but recherché, ça tombe bien. A force d'écouter RFI l'Afrique semble toute proche aussi, et dans la rue les gens parlent toutes les langues (et moi toujours pas tchèque). La mort kilométrique est aussi très différente, à 1300 bornes d'écart, les 10 soldats français d'Afghanistan reprennent leur place entre les géorgiens et les victimes de l'accident d'avion en Espagne. La solitude du chef de l'Etat semble bien dérisoire et son costume de président "enfin habité" sincèrement, je m'en fous.
14 août 2008
RFI
6 août 2008
Carte de séjour
Pas encore l'adsl mais une multitude cafés wi-fi, une version d'essai de dreamweaver, un logiciel FTP, toute la perpicacité de mon webmaster et le tour est joué, mon petit espace d'expression reconstitué provisoirement depuis Stare Mesto (la vieille ville). Nous vivons dans le coin le plus sympathique de Prague 1, centre du centre, à deux pas du fleuve, à deux pas de tout. Il y a des oiseaux sur le toit. A notre arrivée une pigeonne couvait deux oeufs. Elle les a abandonnés un peu trop souvent et le troisième matin, ils avaient disparu. Nous avons acheté un gardenia. Remis au mur les affiches, les cartes postales. Les sulfures sur les étagères. Disposé les meubles dans l'appartement. Le lit sous un velux, les canapés entre deux poutres. Le déménagement a été galère comme un déménagement. Le camion tchèque chargé d'emporter nos affaires mesurait 17 mètres et n'entrait pas dans la rue. Il a fallu louer une camionnette et faire des allers-retours. Les amis et les parents ont été formidables. On a dormi par terre deux nuits. Fait une courte halte dans l'aéroport désert de Bruxelles. Le samedi matin quatre haltérophiles sont arrivés avec nos meubles sur le dos jusqu'au 4ème étage. Il a fallu ouvrir les cartons patiemment ficelés l'avant-veille. Il a fallu faire tout un tas de choses et depuis aujourd'hui je ne suis plus clandestine. La "police des étrangers" m'a délivré une autorisation de séjour de deux ans, comme à Jérôme. Même que c'était un peu miraculeux que ça se passe aussi simplement, parce que la "police des étrangers" a une réputation terrible, c'est un peu l'équivalent du loup ou de la dame blanche des contes pour enfants : si tu n'es pas sage la police des étrangers va venir te gronder. Tous les expatriés vous le diront. Depuis que la République Tchèque est entrée dans l'espace Schengen, ça va beaucoup mieux pour les européens qui ont un étage spécialement dédié, avec guichets et tickets. L'étage d'en-dessous est nettement moins accueillant, et devant le bâtiment une soixantaine de personnes attendent, campent. Pas pire qu'en France finalement...