21 août 2009

La nuit dernière à Marienbad

On était partis sur un coup de tête, presque en cure pour chasser le mourron anticipé de septembre, moi retrouver un peu de Vienne à Marienbad, un peu du silence confortable un peu du vert et du blanc de Vienne dans les collines de Marienbad, un peu d'eau comme si c'était de l'air, et un peu de cette Tchéquie que je méconnais tant hors de la capitale. Il y a quelque chose de Zweig de Visconti quelque chose de Mort à Venise à Marienbad, quelque chose de glacé et quelque chose de Resnais sous la colonnade... Marienbad ne s'appelle plus Marienbad mais Marianske Laznè, n'est plus allemande depuis des lustres et l'on y parle pourtant beaucoup allemand. Les retraités allemands viennent s'y reposer s'y baigner s'y faire masser et je fais étrangement comme eux, c'est très agréable d'être vieux quand on ne l'est pas pour de vrai, très romanesque la décadence bourgeoise en cure quand on n'est ni vraiment bourgeois ni vraiment malade, on peut en goûter tout le sel sans en subir les affres. Le privilège n'en est plus un si l'on peut en jouir tous les jours. Je me demande combien sont là par goût d'une mythologie nouvelle vague surannée en noir et blanc, combien sont là pour douleurs articulaires et combien ont vraiment les moyens du séjour de trois mois. Dans quelles conditions Goethe et Chopin, dans quelles conditions les poitrinaires en sanatorium, avec quel fric on repeint les façades. Marienbad est une ville fantôme qui vit de ses fantômes.

construction d'un autre siècle... cet hôtel immense, luxueux, baroque... tapis épais... comme si l'oreille elle-même de celui qui s'avance, une fois de plus, le long de ces couloirs... silencieux, déserts, chargés de stucs, des couloirs transversaux qui débouchent sur des salons déserts surchargés des ornementations d'un autre siècle... glaces noires, tableaux aux teintes noires...
L'oeuvre la plus insolite de l'année 1961.

 

16 août 2009

Clothilde Reiss, estampillée depuis quelques jours "priorité présidentielle", est sortie de prison et on ignore encore à combien s'élève le montant de la caution (quelques centaines de milliers d'euros, on dit). Moins que les infirmières bulgares (comment, ce n'était pas seulement le doigté diplomate de Cécilia?) et plus que Florence Cassez qui pour l'instant, reste dans sa prison mexicaine. Et je ne me l'explique pas d'ailleurs, parce que s'il y a un domaine ou le président fait un sans faute, c'est la libération des otages et des ressortissants français prisonniers de régimes autoritaires. Surtout quand ceux-ci sont photogéniques. Je me souviens d'Ingrid Betancourt serrant son fils dans ses bras. Je me souviens de l'Arche de Zoé, un brin ostentatoire... Entre un malaise vagal et un tour à vélo, le point d'orgue de l'été sarkozien aura été la libération d'une jeune et belle étudiante-chercheuse (un emblème de tout ce qui se fait de plus anti-Sarko dans la France de cet été). Et evidemment, c'est très bien, que dis-je, c'est la moindre des choses, cette libération.

 

12 août 2009

Anywhere I lay my head (summer playlist)

Encore snober Leonard Cohen, qui revient jouer dans le grand stade de l'Arena, places hors de prix, et pas envie d'entendre Leonard Cohen dans un stade, le 29 août, on fera autre chose. En revanche, Moriarty le 8 décembre à Prague, un peu de lumière au milieu de l'hiver, et Manu Chao le 1er octobre à Nice, ça oui, j'y serai, et d'ici-là, Mrs Butterfly à l'opéra, peut-être même Massive Attack au Lucerna, et dans les bacs le nouveau Nick Cave/ Warren Ellis, bien fidèlement. Le chanteur des Bad Seeds animera aussi la rentrée littéraire (anglophone). On peut même le regarder lire des extraits de son roman The Death of Bunny Munro ici. Ou bien se perdre sur son nouveau et très beau site. Retrouvé opportunément la trace de Mark Curry, idole d'il y a longtemps - j'avais payé l'entrée à Vanessa Paradis rien que pour la première partie... Ca me fait tout drôle de le voir jouer dans un bar de L.A.. Pas perdu sa voix. Je découvre aussi celle de Julie, qui résonne comme un souvenir sublimé, depuis Chicago où elle vit désormais. De temps en temps le pianiste du Café cubiste joue L'heure exquise.

 

8 août 2009

Les chats de Castellar

A Castellar, après le berger, on tue les chats. A lire avec une attention toute particulière aux commentaires.

Le berger de Castellar a été assassiné en 1991. Au terme de plusieurs procès, les trois principaux suspects ont été acquittés faute de preuve.

 

7 août 2009

Mon comité de surveillance est en vacances, je vous passe en douce cet article du Monde sur la campagne des législatives tchèques. Nous avons encore pas mal à apprendre au plan de la méthodologie. Eux aussi, à vrai dire, Topolanek ferait un bon petit malaise vagal, ça lui permettrait peut-être de creuser l'écart. Sinon, le Conseil constitutionnel ne s'oppose pas au travail du dimanche, payé double dans certaines zones, pas dans d'autres... tant pis pour ceux qui ne seront pas dans la bonne zone... Chirac me déçoit beaucoup sur ce coup là... On finit par se résigner. Il y a six mois je m'énervais sur le principe. Maintenant c'est tout juste si je relève l'indécence des conditions. Un de ces jours il faudra que je parle de la réforme du programme des lycées, applicable dès 2010.

Willie DeVille est mort. C'est étrange, j'y pensais hier justement : un concert du 13 juillet 1994, au Festival du Jazz à Nice. Je suis partie avant que ça commence. Je me souviens d'avoir descendu le boulevard de Cimiez avec ce vent chaud dans les cheveux. Les accords de Stand by me et This must be the night résonnaient sur le chemin.

 

1er août 2009

C'était bien, j'avais pas envie de rentrer. La mer, le soleil, les gens - revu presque tout le monde. Me sentais libre de dire des conneries - toujours plus facile avec les gens qu'on connait depuis 15 ans, ceux qu'on connaît seulement depuis six mois seraient fondés à croire qu'on ne sait pas faire autrement. Faire la planche dans la méditerranée et entendre ce petit bruit de l'eau dans les oreilles, ce grésillement caractéristique, sous le soleil exactement. Prendre le temps d'avoir le coeur léger puis lourd, se dire que je reviens pour le salon de Mouans-Sartoux, à peine deux mois. Pas la mer à boire. Et puis retrouver les rues de Prague, un peu de soleil à l'accueil. Le cubiste aussi, parce que j'ai du travail. J'ai le travail dont j'ai rêvé toujours : écrire un livre et rien que ça. Peut-être deux.

Du coup j'écoute ça.

Et aussi, un peu de nostalgie, ça.