Mardi 30 janvier 2007
Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes
Dimanche 28 janvier 2007
Ménage ta monture
En ce jour de Prix d'Amérique (plus ouvert que jamais, je vais finir par me résoudre à jouer Bazire) passée la page des courses, une fois n'est pas coutume c'est un fait divers relaté dans les pages "société" de mon quotidien local qui retient mon attention : "Le scooter du fils de Sarkozy volé : trois arrestations". J'ignore si c'est mon grand-méchant-monde-syndrôme qui se soigne, mais l'anecdote n'était pas encore parvenue jusqu'à mes oreilles. Ca m'a bien fait rire, quoique un peu jaune, d'apprendre que le dit scooter était garé, sans antivol, devant l'immeuble de la maman du jeune homme (y en a qui sont épargnés par la psychose sécuritaire). L'histoire serait banale si on n'avait pas retrouvé le scooter dix jours plus tard et identifié trois suspects (deux mineurs et un majeur) grâce à... des prélèvements ADN. Une méthode "classiquement utilisée" selon la police. Et nous n'en doutons pas. C'est merveilleux la police scientifique. Alors je ne peux m'empêcher de penser aux trois petits délinquants poissards qui ont tiré le gros lot et qui ont désormais leur empreinte génétique fichée chez les filcs. Au théâtre on appelle ça l'ironie dramatique. Sinon, mon quotidien local se garde bien d'en parler mais un sondage donnait cette semaine Le Pen à 19 %, il était à 12 la semaine dernière. Les gros outsiders qui baissent sur le champ de course, ça sent l'ironie dramatique à plein nez.
Mardi 23 janvier 2007
Fonction poétique de la récup
L'Abbé Pierre était un homme de synthèse... Heureusement qu'il n'est pas mort deux mois plus tôt, il aurait été un homme de rupture, voire de rupture tranquille. Et c'est vrai qu'il portait en lui un incomparable désir d'avenir (depuis sa plus tendre enfance il attendait la mort comme une promesse...) En tout cas c'est sûr, maintenant qu'il est mort, tout devient possible : du sublime bouclier fiscal à l'institutionnalisation des tentes Décathlon, un hurluberlu de moins sur le chemin, c'est toujours ça de pris. Et puis les morts, c'est bien connu, on leur fait dire ce qu'on veut. Les rois de la récup, c'est bien Emmaüs, non?
Foin de sériosicitude, (les vicissitudes de la sériosité, dirait Jack) si vous aimez la poésie et que vous êtes désespéré (ce qui serait assez logique), ou si vous avez juste besoin d'un remontant, allez écouter ceci pour vous payer une bonne tranche de rigolardise.
Lundi 22 janvier 2007
Les anges qui passent
Nous avons fini par recevoir Photobiographies vendredi. Tout comme il faut. Les yeux de son père et pas trop les oreilles de sa mère... Samedi nous avons fait vaillamment notre travail en signant chacun dans une petite bibliothèque du Pays Nissart, et dimanche Jérôme s'est remis à faire des photos avec son tout nouvel objectif. Entre-temps nous avons regardé Groland qui est toujours tellement salvateur, et Arte qui semble faire campagne contre la corruption politico-journalistique (ça aussi ça fait du bien), après l'Embrasement, qui mettait en scène le phénomène des émeutes en banlieues, Poison d'avril, ou comment les médias ont gonflé le thème de l'insécurité jusqu'à faire passer Le Pen au deuxième tour. Un week-end entre deux disparitions, deux effacements, vendredi Solveig Dommartin, la trapéziste de Wim Wenders, envolée définitivement à quarante-huit ans dans le ciel de Berlin, ce matin l'Abbé Pierre, dans le demi-sommeil de la radio je me surprends à avoir peur de ce que sera le monde sans sa foi et sa bonne volonté.
Mercredi 17 janvier 2007
Those dancing days
La sortie de Photobiographies se précise. Demain matin, si tout va bien, on recevra les premiers exemplaires, il est tard et je suis impatiente. C'est un livre que nous portons depuis longtemps. Il a failli ne jamais exister. Et puis là, ça y est, il est là mais on ne l'a pas encore vu. L'enjeu de la découverte est plus important que d'habitude, à cause des photos. Ce ne sont pas des photos classiques, pas des belles photos, mais des photos sauvages prises au rythme de 26 par jour pendant trois ans, avec un appareil espion tenu à bout de bras, qui disent notre vie, décadrées comme dans la vie, avec ce gros grain comme d'un ruban. On a beaucoup joué, Jérôme et moi, avec le Konica e-mini comme témoin et comme mensonge. On a joué avec l'appareil, avec les mots, avec ces petites histoires qu'on s'envoyait comme des indices, des pièces à conviction. Maintenant que la conversation est finie, sous le scellé de l'éditeur, il va falloir en commencer une autre. Pour l'instant j'écris sur Vienne, un petit texte comme un récit de mes voyages (six au total) en attendant le prochain, bientôt.
Samedi 13 janvier 2007
Ceux qui étaient à l'Alphabet le 3 février dernier et ceux qui fréquentent ici la Case 21 ont entendu quelques titres en avant-première : l'album de Michel Borla est enfin sorti, vous pouvez en écouter d'autres extraits sur son site, et même commander le CD.
Vendredi 12 janvier 2007
L'exactitude
J'entends Jean-François Copé clamer sur toutes les chaînes que 4000 Euros, c'est ce que gagne un professeur certifié en fin de carrière. Je me dis : génial, si Jérôme tient la route, on pourra se faire des belles vacances avant la retraite. Et puis un doute m'assaille (il faut toujours cultiver le doute) alors je file vérifier l'info sur le site officiel du ministère de l'Education Nationale : le salaire maximal d'un professeur certifié après 30 ans de carrière est de... 2921 Euros. Le porte-parole du gouvernement aurait-il confondu avec le salaire des agrégés? Même pas : un agrégé en fin de carrière touche 3594 Euros maximum. Tous ces braves gens ne seraient donc pas touchés par une augmentation des impôts made in PS. Voilà, bon, c'était juste pour cultiver le jardin.
Samedi 6 janvier 2007
My Generation
Pour fêter la nouvelle année j'ai filé un petit texte pas vraiment gai aux 70 qui m'ont fait le plaisir de m'inviter. Si vous voulez aller y voir, ça bouillonne bien.
Mercredi 3 janvier 2007
Expérience
J'avais un peu délaissé la maison de retraite pour Noël, mais ce qu'il y a de bien avec le bénévolat, c'est qu'on devient addict à la bonne conscience. Aujourd'hui pour la galette des rois, j'ai enchaîné la chenille, le queue leu-leu et la danse des canards. Ben je regrette pas. C'était juste super-bien.
Mardi 2 janvier 2007
Sancho Panza
Les affaires reprennent. Toutes les choses qu'on avait reportées la semaine dernière parce que la perspective des fêtes exigeait qu'on abandonne tout au profit de la consommation effrénée de foie gras, saumon, champagne et desserts en tous genres, toutes ces choses reviennent aujourd'hui nous harceler de leur urgence de plus en plus urgente. Je me réjouis d'avoir échappé aux voeux de Chirac, à ceux de Ségolène et à ceux de Nicolas, et même à l'exécution de Saddam, mais là franchement il m'a fallu une vigilence de tous les instants, un boycott organisé de toutes les chaînes d'info. Ca y est, je crois que l'orage est passé, je vais pouvoir sortir de ma tannière. Il y a de ces défis absurdes qui font tout le sel de l'existence. En ce moment je m'en suis fabriqué un petit nouveau, et de taille, jugez par vous-même : être capable de chanter Hurricane, les 48 couplets et les 14 refrains, en faisant rentrer tout le texte sur la musique de Dylan. Si vous voulez tenter, je vous file aussi les paroles.
Enfin, pour terminer sur la touche "locale" si chère à mon coeur (bien que je ne concourre pas au titre d'écrivain municipal comme l'auront remarqué les plus attentifs) parlons des anges qui campent le long de notre baie. Les flics ont semble-t-il délogé dimanche les campeurs de Don Quichotte qui s'étaient installés sur la Prom, et dans le même temps les identitaires d'extrême-droite se sont emparés du concept : ils distribuent désormais en même temps que leur immonde soupe au porc (avec de vrais morceaux de discrimination vivante à l'intérieur) des tentes aux plus démunis. Evidemment, l'histoire ne dit pas comment ils procèdent à la sélection cette fois-ci (si vous voulez une tente sortez votre passeport européen, prouvez-nous que vous n'êtes pas circoncis, signez-vous et dites je le jure).