24 juin 2009

L'emballement

Soutenance de thèse samedi. Avion-avion-bagages-penses-bêtes. Cortisone anti-allergies moi qui n'ai jamais été allergique l'air du printemps de Prague me ligote les trompes d'Eustache. Avion-ne-pas-oublier-robe-portable-brosse-à-dents-Pléiade-etc. Ne rien oublier. Concentration écartelée entre toutes les choses qui se passent et il s'en passe et de belles je vous raconterai. Pas le temps pour le remaniement. Pas le temps la semaine dernière pour l'âge de la retraite. Le rythme s'accélère et j'ai perdu l'habitude, toute l'année fourni expatriée assistée par ordinateur, et là... Je pensais que dans l'action on arrêtait de se poser des questions mais non c'est juste qu'elles tournent plus vite. Ca s'emballe c'est les montagnes russes. Samedi soir au bord de l'eau j'espère l'horizon dégagé sur la Promenade des Anglais.

 

23 juin 2009

Et qui à la Villa médicis, alors ?

 

21 juin 2009

Coup de coeur

L'Ecorchée vive est élu coup de coeur des lectrices de Version Femina. Incroyable, ça.

 

18 juin 2009

Page 48

En exergue de L'Ecorchée vive, il y a une phrase de Sylvia Plath, ça aurait pu être n'importe laquelle à vrai dire, parce que toutes ses phrases résonnent, il fallait seulement placer ce livre sous le haut patronnage de Plath qui est morte à l'âge que j'ai maintenant. Je partage depuis longtemps l'amour de Plath avec Laurent Herrrou qui m'a offert un de ses livres il y a quelques années.

Il y a quelques temps Laurent m'a proposé qu'on lise ensemble la page 48 du Journal de Plath pour le site de Pierre Ménard "page48". Laurent lit en anglais aussi. Moi seulement en traduction. Pierre Ménard a mixé nos voix et voilà le résultat.

Hier, première lecture/signature à Prague, au Café Fra. Je voudrais remercier tous ceux qui sont venus, amis, français et tchèques francophones, en particulier Jacques-Eloi qui a accepté de lire deux extraits du texte, Jovanka qui a tout organisé, Anna qui a annoncé l'événement sur RFI, Ina qui a diffusé l'info, bref, tous ces gens qui par leur générosité et leur disponibilité ont rendu possible ce petit événement - parce que je me sens un peu plus pragoise aujourd'hui, un peu mieux intégrée, pas seulement femme d'expat mais aussi acceptée pour ce que je fais. Voilà, merci, merci.

 

15 juin 2009

Pas de rejet

L'homme qui avait été greffé de la face et des mains il y a deux mois est mort. C'était un grand brûlé, un patient "pionnier" du professeur Lantiéri.

 

13 juin 2009

 

8 juin 2009

Revue de presse

Un entretien avec Anna Kubišta sur Radio Prague à propos de L'écorchée vive.

 

7 juin 2009

Pas voté

Et ce n'était pas un choix, croyez-moi. C'est la première fois depuis mes 18 ans que je m'abstiens. Le mail collectif de l'Ambassade disait qu'on pouvait voter pour les listes tchèques, pas qu'on pouvait faire des procurations au Consulat. Je me suis fait avoir comme une débutante que je suis. 28% des 40% de votants ont donc voté pour les amis de notre président, et je suis bien contente d'échapper à la soirée électorale télévisée qui paraît-il les portait en triomphe. A la place, on est allé voir l'improbable rencontre, dans la salle cossue du Laterna Magika, d'Adonis et de Robert Crumb. L'un expliquant à l'autre que la poésie et la philosophie sont les seules formes nobles de la création littéraire, l'autre (Crumb) évoquant son interprétation dessinée (et littérale) des phrases de la Genèse, allant jusqu'à mimer le moment où Dieu "ensemence la terre". Chacun sa provocation. Plus feutré qu'une rencontre Cohn-Bendit - Bayrou, moins spectaculaire aussi, mais peut-être plus éprouvante encore pour le modérateur (je pense en particulier à cette phrase qui commençait par "ce que vos oeuvres ont en commun...")
Nos amis tchèques n'avaient pas entendu l'histoire des infirmières à la poitrine refaite. Ils trouvent qu'on a aussi beaucoup surmédiatisé les oeufs lancés sur les socio-démocrates. Ainsi que le "Parti National" et sa proposition de régler le problème rom par la "solution finale" (décidément gerbant, même en sa qualité d'épiphénomène). D'où on est, on comprend l'irritation que peut provoquer cette espèce de sensationnalisme (les médias français ne relaient les infos tchèques que lorsqu'elles sont insolites où désespérantes). En revanche, certains trouvent étrange que la déclaration de Klaus sur l'inutilité des élections européennes, à trois jours du scrutin (et qui plus est, en direct de Paris), soit passée totalement inaperçue en France. Peut-être que les médias français s'en fichaient, peut-être qu'ils ne voulaient pas apporter de l'eau au moulin de l'abstentionnisme galopant. En République Tchèque, la participation a été de 26%.


3 juin 2009

L'atelier d'écriture francophone

Ina avait eu l'idée de cet atelier, à l'Institut Français de Prague, et quand je suis arrivée, l'an dernier, avec mon emploi du temps tout vide et maléable, j'étais heureuse de programmer un heure et demie de travail par semaine, je veux dire de travail avec des gens, loin de mon ordinateur pour une fois, loin du café où je me replie seule pour écrire la plupart du temps. Les ateliers d'écriture, j'en avais déjà fait à la fac, sous forme de cours d'écriture dramatique, pendant quatre ans, ça avait été le cours le plus sympathique parce que les étudiants s'y livraient un peu et qu'on pouvait sortir des sentiers "magistraux", j'en avais fait avec des enfants, dans une petite ville près de Nice, à l'époque où il me fallait absolument dénicher un CDD quelque part pour justifier le rapprochement de conjoints qui sauverait Jérôme d'une mutation à Créteil, j'en avais fait encore, sous une forme diluée, adaptée, à la maison de retraite où pendant deux ans j'étais allée visiter les pensionnaires en essayant d'incarner pour eux à la fois la joie, le réel, et la fuite du quotidien - pas fastoche - et j'avais dû y renoncer en partant à Prague. Mais là, ça allait être un vrai atelier, ouvert à tous, avec des gens motivés, désireux d'écrire. Il allait falloir assurer, il allait falloir donner satisfaction à tout le monde - les français, les tchèques, les autres aussi - russe, slovaque, bosniaque, hongrois... Ce que je ne soupçonnais pas, c'est combien cet atelier serait pour moi une respiration, une ouverture, combien il me deviendrait précieux. Combien j'y trouverais d'amis, et combien ils s'investiraient dans l'écriture - des écritures diverses, des univers, des horizons. Combien on serait riches de ça, tous, et moi la première peut-être, à la fin de cette saison passée ensemble.