Mercredi 30 mai 2007
Justice immanente
Ce qu'il y a de bon, dans la fiction, c'est qu'on peut se faire du bien sans risquer gros. La liberté fantasmagorique est absolue. Plongeons-y sans peur et sans complexes.
Exemple n° 1 : Défoulons-nous avec Lars Von Trier.
Jeudi 24 mai 2007
Culure physique (esthétique de l'exploit)
J'appartiens à cette part vulnérable de la gent féminine - et pour ça la Côte d'Azur n'arrange rien - le printemps produit sur moi l'effet désastreux du retour à la terre ferme : je me re-souviens soudain que je suis un être de chair, et je me mets à faire des abdos, boire des tisanes bizarres, manger des salades, acheter des cosmétiques gluants qui me transformeront, n'en doutons pas, en une merveilleuse créature de papier glacé. Il y a quelques temps, j'avais même entrepris, dans un élan fou, de faire du footing, certains matins ensoleillés. Ni mon coeur ni mes poumons n'étaient vraiment d'accord avec ce projet un peu présomptueux. Ni mes jambes : il faut préciser que le joli parc qui jouxte mon immeuble présente de grands dénivelés. Alors dans les descentes, ça allait, mais les montées, c'était l'Himalaya, tachycardie et sueur à gogo, croisons les doigts pour ne croiser personne. Je m'en fous pas mal de l'implacable jugement des voisins, le pire c'était les encouragements. Même avec un bon Nick Cave dans les oreilles (Get ready for love) le sourire compatissant de la concierge, ça décuple les points de côté. Je m'étais motivée, mise en condition, j'étais même allée mater les photos de J.Lo et consorts sur le site de ELLE. Mis en oeuvre tous les ressorts de la psychologie du battant, même les plus mesquins, un petit Philippe Lucas dans la tête me soufflait vas-y tu vas venger tous les nuls en sport, les dispensés, les complexés. Ecraser les crâneurs du stade. Les militants anti-tabac. Just do it. Rien n'est impossible, si tu la veux vraiment, tu peux l'avoir ta silhouette de summer beauty. Et puis merde, en un rien de temps, tous mes efforts sapés, partis en fumée, piétinés par la cause nationale. Au tapis mes ambitions musculaires. Avec mes nike et mes lunettes de soleil, mes voisins me prennent désormais pour une secrétaire d'Etat en goguette, et mes slogans volontaristes ont le goût de la défaite idéologique. C'est dégueulasse, j'avais fait le plus dur.
Mercredi 23 mai 2007
Aujourd'hui à Cannes, pour soutenir Yann Gonzalez - deux courts-métrages, deux sélections à la Quinzaine des Réalisateurs. Le dernier né s'appelle Entracte, et brille par sa liberté, son énergie, son sens du happening et de la provoc pas gratuite, et son actrice ultra-charismatique. Bravo Yann. La programmation dans l'ensemble se voulait alternative et éclectique. Films expérimentaux toutes directions. Le dernier FJ Ossang, lauréat du Prix Jean Vigo (grâce à ma belle Caroline qui faisait partie du jury, entre autres), et puis un espagnol totalement déjanté, entre Bunuel et Ed Wood, il s'appelle Valesco Broca et son film Avant Pétalos Grillados.
Dans le train j'avais mon MP3 sur les oreilles, ce qui m'a valu d'entendre l'inestimable Zachary Richard chanter Travailler c'est trop dur, et ça m'a rendue toute chose, cette chanson c'est de la bombe, par les temps qui courent, de la subversion à l'état pur.
Mardi 22 mai 2007
Courrier des lecteurs (métatexte)
D'habitude, je réponds aux mails par un autre mail. S'il n'y a pas de commentaires ici, c'est parce que je préfère les conversations à deux. Ici, c'est un journal, un endroit où je dis ce que je veux, et où je me paie le luxe de ne pas être contredite. Il m'est souvent arrivé de justifier, en détails, à mes lecteurs, l'absence de commmentaires, les nombreuses raisons qui font que, si vous avez des choses à me dire, je préfère y répondre tranquillement que les lire ici. Les échanges me semblent plus vrais, souvent plus intéressants, que sur un blog traditionnel. Là je fais une exception. Pour le dernier mail de Luc, que j'espère ne pas trahir en disant qu'il me lit de temps en temps, ici et sur papier, et qu'il a du mérite de continuer, parce que nous n'avons pas (exactement) les mêmes idées. Luc me disait pas mal de choses dans son dernier mail, qui était très amical, je le précise. Il disait notamment - et c'est seulement à ça que je veux répondre ici - que je suis "trop passionnée" par la politique, et que, en gros, je suis plus douée pour les romans, pour l'action individuelle, artistique, quand je m'intéresse "aux hommes". Là encore, j'espère que je ne trahis pas.
Alors voilà : c'est vrai que je suis "passionnée" par la politique. Ce n'est pas un choix. Ca m'est tombé dessus vers treize ans, quand j'ai compris le lien étroit qu'il y avait entre les décisions de ceux qui nous gouvernent et ma vie quotidienne. Ca s'est renforcé au lycée, quand j'ai lu un peu de philo. Quand j'ai compris que la répartition des richesses pouvait se faire "à chacun selon ses besoins", que l'inégalité était innée, mais que la civilisation, précisément, c'était ça, luter contre l'état de nature. Dans un zoo, ça m'emmerde de voir les animaux enfermés, et en même temps, je regarde la panthère, la gazelle, et je me dis que c'est pas mal, ce grillage entre les deux. C'est quoi, la politique? Quoi, sinon précisément l'organisation des hommes? Comment s'intéresser davantage aux hommes qu'en faisant de la politique? Ecrire, c'est un acte politique. Des romans, et ici. Comme disait Ségolène, "tout se tient"! Si, si. J'ai eu l'opportunité de cette parole publique, pour la première fois, pendant la campagne. Comme des millions d'autres bloggeurs. C'était dérisoire, cette parole, mais ça m'a donné une exigence. De vérité, de sincérité. Peut-être que j'en ai saoulé certains, désolée. Mais au moment d'écrire, j'ai eu cette nécessité de dire les choses, cette responsabilité - infîme, mais déterminante pour moi, parce que je ne me planque pas derrière un pseudo. Faire usage de ce privilège, cette liberté de parole, ne pas la brader, ne pas la mépriser. J'ai eu quelques retours, encourageants... Une goutte dans l'océan, le battement d'ailes du papillon... Mais l'impression, illusoire sûrement, dérisoire tant pis, d'avoir servi à quelque chose, faire vivre deux trois idées simples auxquelles je crois, au moment même où l'idéologie est en train de devenir un gros mot. Cher Luc, ces quelques mots encore pour te dire, très amicalement, que l'action individuelle, à mon avis ça n'existe pas. Evidemment, ce sont toujours des mots, rien que des mots... Mon domaine d'intervention est très limité. Mais il a le mérite d'exister.
Jeudi 17 mai 2007
I don't want to turn on the radio cause they play shit like... you know
Ca fait dix jours et j'ai déjà la glotte qui remonte. Je n'ai jamais lu Points de vue et images du monde, jamais acheté Gala, Voici et consorts, je me fous des Kennedy, des Grimaldi, je me fous de Paris Hilton et de sa prison, je me fous que John-John soit mort en avion, je me fous des yachts, des footings, des baisers photogéniques, des gosses exhibés sur tapis rouges, des robes Prada et des T-shirts new-yorkais. Si je veux des paillettes, je vais à Cannes ou je regarde la potiche que Canal+ invite chaque soir pour chauffer l'ambiance. Jusque là, j'arrivais pas trop mal à me prémunir des invasions barbares de la communication, c'est désormais fini. La seule forme de résistance possible à la perfusion médiatique, c'est le boycott, et je tiens à préserver la disponibilité de mon cerveau. Brecht appelait hypnose le théâtre identificatoire, celui qui berce le spectateur d'images léchées, de (bons) sentiments et de psychologie, et qui finit par l'anesthésier à force de divertissement. L'opium du peuple, celui qui rend supportable la misère. Le pack est bien foutu, bien pensé, tout en un : le glaive et le mercurochrome. Le salut du spectateur ne tient qu'à l'éveil de sa conscience. J'appelle à zapper, à éteindre la télé, à ne pas subir les 365 images par an que nous préparent les cameramen embedded. Parce qu'on ne peut pas résister à ça. Le cerveau est ainsi fait qu'il préfère toujours la facilité. Le Alex de Orange Mécanique, c'est en lui maintenant les yeux ouverts qu'on le lobotomise. Je vais fermer les miens.
Mercredi 9 mai 2007 (bis)
Le cheval de Troie
J'entends la bande à Ruquier dégommer Björk, qui serait devenue l'icône des bobos-intellos. J'entends à la radio des politologues nous dire que railler Gilbert Montagné et Mireille Mathieu, c'est mépriser le peuple. Ca me file un peu le vertige, parce que moi, je n'ai jamais entendu des trucs pareils, je suis née en 79 et j'ai toujours cru que la politique culturelle, c'était fait pour éclairer le peuple, pas pour le flatter et le complaire dans sa daube. Comme si j'avais anticipé cet avènement de la culture popu, cette année pour la première fois je regarde vraiment la Nouvelle Star. Je n'ai raté qu'un seul épisode, la semaine dernière, et bon je dois dire que je trouve cette émission passionnante. Je précise : cette saison est passionnante. D'abord parce qu'il y a Marianne James et André Manoukian qui fournissent la crème du commentaire musical, et Manu Katché dans un autre genre (je suis plus réservée sur Dove Attia). Bon, c'était déjà un miracle qu'on se mette à citer Saint-Augustin sur M6 mais là cette année il se produit un truc imprévu : Julien (et franchement je regrette de ne pas pouvoir citer son nom de famille car putain, Julien, il le mérite). Julien est un situationniste qui s'est fait tatouer "Marcel Duchamp" sur un bras et "Jean D'Ormesson" sur l'autre. Mais surtout Julien produit des performances exceptionnelles. Ce soir il a repris "Moi Lolita", le début tout en dérision et décadence, entre Charlélie Couture et Bashung et puis une montée en puissance dans le tragique, sur la fin, comme si la Lolita s'était fait violer derrière le mur du collège, non seulement c'était malin, mais c'était poignant. Enorme. Julien, s'il sort un album demain, je l'achète.
Ah ça y est j'ai trouvé son nom : Doré. Julien Doré. Deux "my space" sur ses groupes : Dig up Elvis et The Jean D'Ormesson disco suicide.
Mercredi 9 mai 2007
L'équipée mal(t)aise
Rien, juste le plaisir de détourner ce formidable titre de Jean Echenoz.
Mardi 8 mai 2007
La queue basse
Je ne sais pas quel génie de la communication a réussi à imposer cette idée qu'il fallait "redresser la France". La sémantique virile des partisans sarkozystes était imparable. Qui mieux qu'un homme à poigne pour accomplir cette lourde tâche? Pas une femme en tout cas, si rigide soit-elle. Je pense qu'il faudra un certain temps avant qu'un parti de gouvernement ose reproposer une femme comme candidate à l'élection présidentielle. L'échec de Ségolène Royal, mais aussi celui de Marie-Georges Buffet, Dominique Voynet, Arlette Laguiller, est à la fois celui de la gauche, et celui des femmes. Je prends le pari que dans cinq ans, elles seront bien moins nombreuses. Attendre que la parité fasse son chemin, vraiment, dans les esprits. Chez les plus de 65 ans en particulier.
L'échec est aussi, surtout, idéologique. Personne n'a su remettre en question Sarkozy sur le fond. Plutôt que de contester ses "valeurs", Royal a voulu jouer sur le même terrain : le travail, les entrepreneurs, la croissance, la morale - depuis quand un président de la République doit-il se mêler de la morale individuelle? - l'ordre, l'immigration, la sécurité, l'autorité, le mérite. Le mérite, surtout. La gauche admet désormais que les revenus des citoyens peuvent - ou doivent - être relatifs à leur mérite. Pas à leur besoin, mais à leur productivité. Alors que fait-on de ceux qui ne peuvent pas travailler plus? Ceux qui sont plus fragiles, vieux, malades, handicapés, inadaptés, défavorisés? Les mères de famille? Les artistes (je le répète une politique culturelle ne doit pas être rentable, elle est là justement pour prendre en charge ce qui ne peut pas être intégré à une économie de marché). Les enseignants. Les fonctionnaires. Tous ceux dont le travail ne crée pas de bénéfice sonnant et trébuchant. Que fait-on de tous ceux-là? Comment calcule-t-on leur mérite?
A aucun moment la gauche n'a pris le risque d'attaquer sur le fond, sans doute parce que les "qualis" (sondages qualitatifs approfondis) montraient que les français attendaient qu'on leur tienne ce langage de rigueur, conservatiste, libéral, sécuritaire. Et sur ce terrain, la sémantique sarkozyste, ses métaphores sportives, ses envolées patriarcales, son bon sens terrien, étaient évidemment plus efficaces. La droite a réussi ce formidable pari de complexer la gauche. Plus personne (si, Besancenot, mais il ne veut pas du pouvoir, donc il ne l'aura jamais) n'ose remettre en question le diagnostic. Comme si la pédagogie était trop complexe, trop risquée, la démagogie plus jouable... On a oublié qu'on avait un champion dans l'autre camp.
Alors c'est sûr, maintenant nous attendons en serrant les fesses, barricadés derrière nos vieilles idées de gauche, chevillées au corps, indéfectibles, inaltérables, que vienne le temps des redressements, les démonstrations de virilité, musclées, profondes. Nous attendons, en première ligne de la saine colère, un peu abasourdis, un peu amochés, mais toujours vaillants puisqu'on n'a pas le choix : on y croit. Avoir des convictions, c'est penser qu'on a raison, qu'on détient la vérité, et que cette vérité - cette évidence - on a le devoir de la diffuser, de la dire à qui veut bien l'entendre, et même aux autres, parce que c'est notre vie qui est en jeu. Et la vôtre.
Je me demande combien de temps tiendront les "couillus", mes anges gardiens de la campagne (c'est plus poétique) : Nicolas Demorand, Daniel Schneidermann, John-Paul Lepers, Daniel Mermet, Serge Moati... J'espère qu'ils continueront d'être audibles. Beaucoup d'entre eux sont sur le service public... L'occasion de vérifier que nous sommes encore dans une démocratie.
Jeudi 3 mai 2007
Soyons sérieux
Je viens de lire le dernier texte d'Ariane Mnouchkine, sur son blog, qui "supplie" ses amis d'extrême gauche de ne pas voter blanc. Ca m'émeut qu'une femme de son âge et de sa stature artistique aille aussi loin dans son engagement. Ce texte, je l'aurais écrit, moi, on m'aurait taxée de naïveté. Mais à force de tourner autour du pot, de commenter la rhétorique, je ne dis pas l'essentiel. Pourquoi? (comme dirait l'autre) J'avais tendance à croire que l'essentiel allait de soi. Je pensais que les gens allaient voir ce qui me crevait les yeux. Combien de fois, on s'est dit : ça y est, il a dérapé, là, les gens vont voir, ils vont comprendre. Pour la racaille, pour le kärcher, pour le "tu l'aimes ou tu la quittes", le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, pour le gène de la pédophilie, pour le bouclier fiscal, pour mai 68, pour le slogan du clip de campagne "le travail, c'est la liberté", traduction quasi-littérale de "Arbeit macht Frei"... Et à chaque fois, le lendemain, sidération en découvrant les sondages, les français sont d'accord. Les belges ont compris, eux qui ne sont pourtant pas spécialement de gauche, mais les français, ils croient encore que les heures supplémentaires vont relancer l'économie, et leur permettre de gagner plus. Combien d'entre eux vivront vraiment mieux? Pas les ouvriers, pas les chômeurs, pas les étudiants. Pour tous ceux-là, la vie sera encore plus chère, encore plus dure. Ils le comprendront peut-être à l'usage. Je ne l'espère pas. Mais entre-temps, combien d'années gâchées? Combien de nos valeurs humanistes irrémédiablement sapées? Combien de haines attisées? Combien de bagnoles brûlées? A quelle heure le couvre-feu?
A ceux qui ne veulent pas voter, ou qui veulent voter blanc, ceux qui ne veulent pas se salir les mains, parce que Ségolène n'est pas assez de gauche (et moi aussi je l'ai pensé, je l'ai crié, je l'ai écrit), parce qu'elle est trop rigide ou trop belle (j'en connais, des femmes qui auraient bien voté Ségolène si elle avait ressemblé à Angela Merkel, pardon de le dire), parce qu'elle parle comme une maîtresse d'école, parce qu'elle n'est pas au point sur les chiffres, parce qu'elle discute avec Bayrou, ou parce qu'elle est soutenue par Laguiller... A tous ceux-là, dites-leur que c'est une question de confort, de responsabilité, de moyens. S'ils peuvent se le permettre, c'est que ça va bien pour eux. Qu'ils n'ont pas trop à craindre. Ni pour leur liberté, ni pour leur subsistance. J'en connais d'autres qui n'ont pas ce privilège. Pour qui c'est une question de survie. Ceux-là, en vérité, ne peuvent pas se payer le luxe de faire gaffe à la couleur de leurs mains.
Mercredi 2 mai 2007 (tard)
La métaphore sportive
Après la finale de la coupe du monde (qui se joue à deux, pas à trois, mais où l'arbitre est roi), l'étape de montagne qui n'est qu'une étape, le contre la montre (sponsorisé CSA), le sprint final qui peut se perdre ou se gagner jusqu'à la dernière seconde, le combat de boxe avec upercuts et coups bas interdits, ce soir Arlette Chabot était à Roland Garros. Tranquillement installée sur un fauteuil en tribune d'honneur (latérale forcément), elle a oscillé toute la soirée de sa droite vers sa gauche et retour, quelques brefs élans d'intérets vite sapés par un PPDA plus vif, quel terrible échec de la parité journalistique, elle n'a réussi à couper la parole à personne ce soir, ce pour quoi elle est pourtant très entraînée depuis presque... combien... 7, 8 mois de campagne? Il est interminable, ce tournoi. Heureusement que les champions sont dopés (à quoi, d'ailleurs? amphètes le matin lexomil le soir?) parce que le public semble tout flagada. Moi même, j'ai hâte que ça se termine, j'en ai marre de me taper la tête sur le canapé, de serrer les dents, d'imaginer le dénouement (il n'y a pas de fatalité, disait Sarkozy) d'imaginer le pire tout en sachant pertinemment que le scénario anticipatoire négatif ne préserve pas de la déception (c'est ma devise pour lutter contre le gène du pessimisme).
Comme prévu, Sarkozy en fond de cours, rappelant les plus belles années du tennis espagnol, je pense à un type comme Alberto Costa, (par ailleurs très sympathique) qui était capable de produire le jeu le plus chiant du monde, mais avec une endurance, un remarquable courage. Evidemment, mettez en face une Mauresmo imprévisible, capable de monter régulièrement au filet (menée au score, elle n'avait pas le choix) mais aussi de se casser la gueule intempestivement sur la terre battue, vous aurez un match contrasté. Pas de quoi réveiller Arlette Chabot, mais de quoi nourrir soixante-quinze débats d'exégèse, d'analyse partisane, quarante-trois unes de la presse écrite et une foule d'éditos. Evidemment, personne ne nous dira qui a gagné, puisqu'on ne le sait pas encore. Une chose est sûre : si c'est Sarkozy, le débat tombera aux oubliettes, mais si jamais c'est Royal, on nous parlera encore, dans vingt ans, du plan handiscol et de la troisème génération des réacteurs nucléaires. La métaphore sportive, qui a ceci de pratique qu'on peut lui faire dire absolument ce qu'on veut puisqu'elle est désespérément creuse, a de beaux jours devant elle. On verra dimanche soir avec Pierre Salviac si "la cabane est tombée sur le chien."
Comme disait ce matin Nicolas Demorand (France Inter) à Sarkozy : soyons réalistes, exigeons l'impossible.
Mardi 1er mai 2007
Situ
Avant de descendre dans la rue moi-même en ce jour opportun, rions un peu avec le peuple français (A ne manquer sous aucun prétexte).