31 mai 2009

Europe 1, rentrée à pied par les bords de Seine, fait un tour dans les librairies de Saint-Germain. Puis RER B, Charles de Gaulle Terminal 2. Czech airlines.

 

30 mai 2009

Enregistré ma voix et celle de Jérôme pour une méthode de langue française, dans un studio improbable, avec une dame qui fait attention aux liaisons. Nous étions finalement assez heureux d'avoir posé nos voix sur ces phrases incongrues et poétiques tendance Ionesco. Avion l'après-midi. A Paris mes amis lisent L'insurrection qui vient. Vu le Coppola, l'ai trouvé beau et décevant. Vincent Gallo ne me fait plus peur. Je n'arrive pas à m'intéresser aux personnages et à leur histoire familiale. Peut-être un peu ma faute.
Après celui de Elle, un petit article sur L'Ecorchée vive dans le Fig Mag me rend heureuse : il est signé Elisabeth Barillé. Je lis sur son site qu'elle aime les gardenia ; je viens justement d'en acheter un troisième après la mort, cet automne, des deux premiers. Le gardenia est une fleur délicate qui se laisse volontiers mourir, mais c'est un tel enchantement olfactif qu'on s'y attache, on s'y drogue.

 

28 mai 2009

Libération

De Julien Coupat.

 

21 mai 2009

Liberté

C'était il y a 5 ans et demie, j'ai commencé la Thèse.
Avant-hier, j'ai fini. J'ai mis le point final aux 501 pages de la Thèse, et à Nice, Valérie a réceptionné la chose, l'a emportée à l'impression, et voilà, je me retrouve avec un trou béant de 5 ans et demi et 501 pages dans ma vie, dans mon cerveau, dans mon emploi du temps. C'est vachement bien. J'en ai rêvé. Si longtemps. Je n'y croyais presque plus. J'ai écrit trois livres entre temps, vécu dans trois appartements différents, et la Thèse était toujours là. Je vais encore me la traîner quelques semaines dans le cerveau, jusqu'à la soutenance. Et après... Je ne sais pas. Je ne sais pas.

 

10 mai 2009

La paranoïa du paranoïaque

Il faut faire attention quand on a des tendances paranoïaques : d'abord, on croit que les gens sont méchants. Ca, c'est la base. Mais quand on est paranoïaque depuis un certain temps, on a commencé à s'y habituer, à tenter de lutter contre. On est alors prévenu contre cette vision déformée qu'on sait qu'on a des relations humaines, et on met en place des stratégies de compensation. Chaque fois qu'un quidam vous lance un regard noir, on se dit : l'enfoiré, qu'est-ce qu'il me veut, et aussitôt après : non, ce doit être un effet de mon imagination, cette personne est probablement charmante et dénuée d'intention de nuire. Et on se botte les fesses pour adopter un comportement sympathique à l'égard du quidam. Il se trouve que, de temps en temps, le quidam est vraiment un enfoiré, et l'intuition première était la bonne. Une fois l'enfoiré démasqué, on aura alors la sensation désagréable de s'être fait avoir sur un terrain où l'on ne pensait plus pouvoir se faire prendre encore : l'excès de confiance. Ce symptôme relève de la paranoïa au carré, qui aboutit le plus souvent à de la naïveté, merde alors. Là, les sentiments du paranoïaque sont mitigés : d'un côté, il est rassuré d'avoir vu juste. Il se dit : je n'étais pas fou. Je faisais seulement preuve d'intuition. Mais en même temps, le paranoïaque est vexé comme un pou de s'être fait prendre pour un con, lui qui, précisément, a sacrifié une partie de sa santé psychique à lutter contre cette éventualité. Cette blessure narcissique - la pire qui soit pour un paranoïque - produit des effets considérables : 1) le paranoïaque, jurant, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendra plus, est bien décidé à se renfrogner dans sa paranoïa (qui, soyons clairs, lui semble moins dégradante qu'un excès de naïveté), il va donc redevenir résolument paranoïaque pour un certain temps 2) il ne faudrait pas que le paranoïaque croise dans la rue ledit quidam effectivement mal intentionné, car l'agressivité du paranoïaque est remontée comme un coucou, et il s'en faudrait de peu qu'il ne lui mette sa main sur la gueule.

 

9 mai 2009

Erratum

Je reprenais l'autre jour une info de Libération.fr (en la modalisant) : "il paraît que la Constitution tchèque n'autorise pas le Président à s'opposer aux décisions du Sénat". Honte sur moi, mon comité de vigilance spécialisé dans la Constitution Tchèque, qui est excellemment informé, me demande de corriger cette information fausse : il revient au Président tchèque de ratifier les traités internationaux (cf. Art. 63). Même s'il en fait très rarement usage, le Président tchèque dispose donc bel et bien du droit constitutionnel de ne pas ratifier un traité international, même quand celui-ci a déjà été approuvé par le Sénat. (Là, j'ai fait super gaffe, j'espère que j'ai bien tout compris.)

Quelque chose me laisse présager que le Traité de Lisbonne n'est pas près d'être ratifié par ledit Président. Simple pronostic.

 

6 mai 2009

L'actualité

Je me réveille avec les photos de Connie Culp, américaine greffée du visage suite à un coup de feu tiré par son mari. Première greffe de la face à 80% dont on peut contempler le résultat... même si la patiente doit encore subir des opérations. Quoi qu'on en dise, l'impression d'une magie peut-être noire, jeu avec le feu, mais résultat stupéfiant, probant, laisse présager les miracles à venir. Mon livre n'est presque plus de la science-fiction.

Plus tard dans la journée, le Sénat tchèque ratifie le Traité de Lisbonne. Vaclav Klaus reste l'unique "organe-obstacle" à l'adoption du Traité, il attendra, pour y apposer sa signature, que les Irlandais aient revoté sur la question. Il paraît que la Constitution tchèque n'autorise pas le Président à s'opposer aux décisions du Sénat. Mais Klaus joue sa dernière carte sur ce thème qui est depuis longtemps son dada politique : il se serait volontiers allié même aux gauchistes français s'ils avaient eu les moyens de s'opposer à la Constitution européenne. J'avoue que sa résistance m'amuse même si je ne me flatte pas de la convergence d'intérêts. En France on classerait sans doute Klaus parmi les souverainistes libéraux. Sauf que, on ne le répètera jamais assez, la comparaison ne vaut rien tant les échiquiers diffèrent.

L'atelier d'écriture que j'anime à l'IFP me réjouit de plus en plus. Non seulement riche par les rencontres et les individus, mais riche de talents singuliers, d'écritures, d'invention, de sensibilités. Somme de lectures impressionnante cette semaine.

Je rejoins Jérôme dans un bar où l'on diffuse la Champion's League. Après le match la télé tchèque passe un reportage sur des enfants au visage déformé, dans un hôpital, je ne sais ni où ni de quoi ils souffrent. Les images sont cruelles et incongrues dans ce bar enfumé d'après-match. Quelques minutes passent avant qu'un client demande au patron de changer de chaîne. Eurosport se marie mieux avec la bière.

Je dois faire une liste de mes 10 livres préférés et je suis bien embêtée.

 

3 mai 2009

L'Ecorchée vive

lire la chronique de Mary Goodnight

C'est fait : je tiens dans mes mains cet objet que j'ai mis trois ans à fabriquer, sur lequel je me suis un peu fait mal, et auquel j'ai cru, suffisamment, pour lui consacrer tant de temps et d'énergie. Egon Schiele veille dessus. Sera dans les bacs mercredi. N'ai pas beaucoup la force de penser à autre chose. Ah si, tiens, je voudrais remercier Christophe Bataille, mon éditeur, pour la justesse de son regard et de ses mots. Pour sa confiance et son exigence. Dix ans qu'on travaille ensemble.
Et aussi, mon amie Elsa Ferretti pour avoir répondu à toutes mes questions médicales. Et encore, mon amie Lise Borla pour avoir répondu à mes questions sportives.
Et ma mère, à qui j'aurais dû dédier ce livre.