Samedi 31 mars 2007
OMS vaincra
Au rayon paternalisme post-colonial (mais si, je vous jure, ça et le racisme c'est bonnet blanc et blanc bonnet), après Pascal Sevran cette semaine c'est l'OMS qui s'en prend à la bite des noirs. Parce que, quitte à être pragmatique, on va y aller à fond, et comme c'est pour la bonne cause (sauver jusqu'à 6 millions de vies en 20 ans, rendez-vous compte), personne ne pourra nous le reprocher. La raison du médecin est toujours la meilleure. Alors on va leur proposer ça, aux noirs : la circoncision massive. Ben ouais, de toute façon, y en a déjà pas mal qui sont circoncis (dans les pays musulmans surtout) donc tant qu'à faire on va généraliser tout ça. Attention, on va pas les forcer, juste leur expliquer que c'est bon pour eux. Parce que faut être réaliste, les noirs, y peuvent pas comprendre l'urgence de changer leurs comportements, et puis z'ont besoin de niquer, et pas le pouvoir économique pour s'acheter des capotes. Eureka, voilà la circoncision. Euh... quand-même on va leur expliquer que ça ne protège pas de tout, et que ça ne dispense pas de la capote, hein, des fois qu'ils commencent à croire qu'on a trouvé le vaccin... Et qu'ils se mettent à niquer deux fois plus. C'est-sûr, ça risque de leur faire bizarre qu'on vienne leur expliquer dans le même temps qu'il faut qu'ils arrêtent d'exciser leurs filles et qu'ils se mettent à circoncire leurs fils... Et puis ça va leur faire encore plus bizarre quand ils sauront que la circoncison, c'est seulement bon pour eux, et qu'en France, dans tout l'occident même, on n'a pas mis à profit ce tout nouvel outil génial. Ca alors? Les chrétiens européens n'en ont pas voulu? Les américains non plus? On ne leur a même pas proposé? Ca alors! C'est vrai qu'en même temps, ils l'auraient peut-être mal pris. Mais les africains, eux, c'est pas grave s'ils le prennent mal. Z'ont l'esprit mal tourné, on essayait juste de leur sauver la vie...
Jeudi 29 mars 2007
La Navette
De retour de mes 48 heures parisiennes, légères et courbatues, ah ah, rencontres passionnantes dès l'aéroport de Nice où l'on croise décidément des stars, l'autre matin c'était Christophe "la tortue" nouvelle star, qui m'a sortie de ma torpeur, j'étais en train de me désespérer en regardant le couple assis sur le banc à mes côtés - sac Hermes valise Samsonite, la soixantaine, lui plongé dans Le Point, elle sort un livre de son sac, c'est "La dernière marche" de Jean-Pierre Raffarin, sous-titré "Lettre à Nicolas Sarkozy" et c'est publié chez Grasset... Je leur lance des regards nauséeux. A l'embarquement je rencontre la seule DRH communiste que la terre ait porté, une fille qui a sauvé 110 emplois au dernier plan social de sa boîte, en favorisant reclassement contre licenciement. Elle est tellement gentille qu'elle me dépose en taxi à Saint-Germain, avant de courir à sa réunion sur les Champs. Trop fort. Après, retrouvailles avec Caroline, sushis, puis bataille pour trouver un baby-sitter pour le soir : le soir il y a Miossec à l'Olympia et ce serait trop dommage de rater ça parce que la petite Lena a école demain. Finalement sur le coup de dix-neuf heures un étudiant de l'IPAG débarque dans l'appartement bohème de Caro, et nous nous sauvons. A l'Olympia, ils ont heureusement enlevé les sièges, et Miossec a l'air en forme (à part sa hanche bretonnante). Les Zita Swoon un peu sages, et j'ai prévenu le vigile-fouilleur à l'entrée : les bouteilles c'est sur la scène qu'il faut les chercher, pas dans mon sac. La voix de Mio est en effet assez alcoolisée - mais pas trop. Et comme prévu, je connais ses paroles mieux que lui. Peu importe, la fragilité du funambule fait partie du show. Un concert vraiment rock, donc, et quand même essuyé ma larme quand Jouannest est venu accompagner au piano 30 ans (c'est qu'on commence à se sentir concerné) "Trente ans ne laisse pas le canapé t'engloutir/ Redeviens touchant comme quand tu voulais tout détruire" et aussi "Tant pis pour les victoires et tant mieux pour les défaites / De toute façon on a toujours l'air aussi bête". La question que je me pose, c'est : est-ce que je vais retourner le voir à Monaco en mai. Parce que Miossec à Monaco, franchement, j'imagine pas.
Le lendemain, boulot. Salon du Livre et rencontre avec les lycéens jurés du Prix Méditerranée (La Méthode est en lice) et là, je dois dire, chapeau : pas une question sur le fric (la première question, c'est toujours combien tu gagnes, à quel tirage le livre, quel pourcentage pour l'auteur...) mais là, rien que de vraies questions, est-ce que c'est autobiographique, est-ce que je déteste vraiment les actrices, est-ce que je me passionne vraiment pour les serial-killers, est-ce que j'ai vraiment écrit la pièce de théâtre... Sur le Salon, nombreux exposants qui fument. Les vigiles ferment les yeux jusqu'à ce que les flics arrivent, prévenus par des visiteurs délateurs. Ambiance... Un clin d'oeil au lecteur fidèle qui s'appelle Claude et qui a lu tous mes livres. Je ne sais pas s'il surfe, mais au cas où, il se reconnaîtra.
Rien à voir, mais ceux qui visiteront la Villa Médicis avant la fin de la semaine auront une chance de croiser Jean Echenoz et Philippe Garrel. Graziella Vaci aurait apprécié.
Jeudi 22 mars 2007
Vous hésitez encore?
...faites votre choix. Pour voir clair en vous. Une méthode simple et efficace. Attention, nécessite un minimum de concentration.
Mardi 20 mars 2007
My favourite things
Ecouter la voix acidulée d' Emilie Simon. Ecouter Nicolas Demorand le matin sur France Inter (suis capable de me lever exprès à sept heures). Lire les remarques de Chloé Delaume. Chanter "allons-y chochotte" de Satie dans la rue avec Jérôme. Découvrir les nouvelles photos de Jérôme quand il rentre d'une "tournée" avec son appareil. Découvrir les mêmes après retouche, une semaine après. Faire un tour sur l'Emploi du temps de Laurent et JP. Boire une tisane réglisse-menthe qui me rappelle les longues soirées d'hiver dans la cuisine de Caroline. Fumer des cigarettes en sirotant un verre de Bordeaux. Commenter la campagne électorale avec mon père au téléphone. Faire la cuisine l'après-midi. Entrer dans une librairie. Manger du fromage, du chocolat, des framboises.
Lundi 19 mars 2007
Dernières cartouches
Je ne sais pas si Cesare Battisti est coupable ou non des crimes pour lesquels il a été jugé par contumace en Italie et condamné à perpétuité. Je n'en sais rien, et je n'ai pas d'intime conviction. J'ai croisé Cesare Battisti il y a neuf ans, sur des salons de polar à l'époque de Making-of. Il me reste une page du Midi-Libre, avec sa photo et la mienne, à l'époque c'était un auteur de romans noirs, au regard intense et à l'accent rocailleux. Un passé vaguement trouble qu'on abordait à peine. Un type qui avait une femme et deux filles, et qui vivait simplement, entre deux publications, concierge dans un immeuble à Paris. Il était le bienvenu en France, ses livres avaient un certain succès. Et puis un jour on a oublié l'auteur, le père de famille, le gardien d'immeuble, et la France est revenue sur sa parole. Un jour, à cette époque bizarre où les pouvoirs conjugués de Berlusconi et Sarkozy ont fini par s'entendre, Dominique Perben a promis à son homologue italien l'extradition des anciens activistes "rouges" auxquels Mitterrand avait promis l'asile. Battisti a clamé son innoncence, mais la machine était en marche. Quand Battisti a quitté la France, il y a deux ans, pour échapper à une extradition synonyme de prison à vie, on entendait des voix, de nombreuses voix, pour le défendre, réclamer que la France tienne sa parole, que l'Italie organise un procès équitable (lors du procès par contumace, Battisti avait été dénoncé par ses anciens camarades "repentis"). Aujourd'hui que la présomption d'innocence semble avoir été jetée avec l'eau du bain de la tolérance (estampillée désormais gauchisme laxiste), le français bien-pensant a tendance à oublier la contumace, le doute et l'innocence revendiquée, la parole d'Etat, l'asile et la carte de séjour, pour crier avec les loups qu'un "coupable" doit payer. Il n'y a qu'à lire les commentaires des lecteurs de Libé pour se convaincre que la gangraine ratisse aussi à gauche. Il me semblait bien, déjà, depuis quelques mois, qu'il y avait un problème. Réveillez-vous, un coupable, en France, c'est quelqu'un qui a eu l'occasion de se défendre devant un tribunal qui a prouvé sa culpabilité. Pas un type dont le ministre de l'Intérieur dit : "c'est un assassin". Je note d'ailleurs, en regardant le JT de ce soir, les nouvelles précautions sémantiques dudit ministre, à la veille de sa démission, il était temps.
Vendredi 16 mars 2007
Mon bulletin dans ton urne
ou
rions un peu avec la campagne présidentielle
Un extrait sur Canal, un autre dans la Matinale de France Inter ce matin, je ne résiste pas au délice de partager cette oeuvre majeure (et son vidéo-clip) avec tous ceux qui rêvent d'un candidat UDF à la Nouvelle Star. Et pour ceux qui seraient nouveaux, durs d'oreille ou vraiment naïfs, non, ceci n'est pas un message promotionnel.
Vendredi 9 mars 2007
La Promenade des Anglais

Jeudi 8 mars 2007
J'ai bien entendu?
J'ai cru mal comprendre, mais d'autres internautes commencent à réagir, oui, j'ai bien entendu :
"Les gens ont besoin de gagner plus pour pouvoir payer leur loyer, [...] une bonne école pour les gosses."
Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle, qui a par ailleurs un "grand plan pour l'éducation nationale"(et aussi pour l'industrie, pour les banlieues, pour l'emploi, l'armée, l'Europe...)
Mardi 6 mars 2007
Faut voter pour nous
Après la reformation des Stooges, j'y ai cru, que la deuxième bonne nouvelle de la soirée serait la qualif des Wampas à l'Eurovision. Ils auront eu le mérite de m'y intéresser cinq minutes, et c'était pas gagné. Un groupe de punks situationnistes avec leader travaillant à la RATP, ça aurait été trop beau. Histoire de se souvenir ensemble de nos jeunes années (hé hé) un revival de petite fille ...
Lundi 5 mars 2007
Merci (niçois only)
A tous ceux qui ne sont pas partis au ski (ou à Paris, à Gibraltar, en concours blanc, etc) et qui étaient samedi soir à l'Alphabet pour fêter Photobiographies. A ceux qui ne sont pas partis au ski pour pouvoir être là samedi soir. A ceux qui sont revenus du ski exprès, à ceux qui nous ont sacrifié le carnaval, à ceux qui ont affronté le défilé des chars pour nous, ceux qui sont venus en train, en car, et à ceux qui se sont dévoués pour les raccompagner. A ceux enfin, qui n'aiment pas le ski, un gros coup de chapeau à ces derniers.
Merci d'avoir été là, souriants, enthousiates. Pardon de n'avoir pas pu consacrer plus de temps à chacun. On se sent pas bien le lendemain en repensant à tous ceux qu'on a à peine aperçu alors qu'ils se sont donné de la peine pour être là.
Pour tous les autres, nous repiquons le 11 avril à la Librairie Masséna. D'ici là, il nous reste quelques livres, et un petit stock disponible au Théâtre de l'Alphabet.
Vous embrassons tous, oui, tous.