29 septembre 2008

Cadeau

Et pour visiter le blog de ma bienfaitrice, c'est ici.

 

28 septembre 2008

Quelque chose de Tennessee

Je rate le passage à Prague de Nancy Huston et celui de Leonard Cohen, je fais la cuisine à la dernière minute, je m'organise mal. Trois jours de beau temps avant l'hiver qu'on nous annonce long et rigoureux. Notre vie a changé : avant on passait le temps à chercher de l'ombre, désormais se précipite dehors au moindre rayon de soleil. Mardi on ira peut-être voir les Zita Swoon qui passent à l'Akropolis (ils assuraient la première partie et l'accompagnement de Miossec sur sa dernière tournée). C'est drôle de voir le monde entier s'apercevoir que le capitalisme n'a pas de morale.
Aujourd'hui je suis un peu triste : le plus beau mec du monde est mort. Du coup, ce matin j'ai regardé, en 10 épisodes sur You tube, La chatte sur un toit brûlant.

 

24 septembre 2008

La condition des écrivains

J'ai reçu ça ce matin dans ma boîte mail.

Bonjour, Je suis la rédactrice en chef de ******, et je viens vers vous pour vous faire une proposition. Dans notre magazine, nous avons une rubrique "psycho-société" où, tous les mois, nous racontons les aventures de Cerise. C'est en quelque sorte à chaque fois des petits essais écrits par nos journalistes puisqu'il ne s'agit pas d'article "journalistique" comme on l'entend. A partir du prochain magazine, nous souhaiterions désormais proposer à des écrivains de la Côte d'Azur d'écrire cette rubrique. C'est pourquoi nous avons pensé à vous. Je vous fais le topo : Cerise a la trentaine, c'est une fille indépendante, qui n'a pas la langue dans sa poche et à qui il arrive souvent des mésaventures. Nous souhaiterions, si vous l'acceptez, recevoir une petite nouvelle d'environ 6000/7000 signes sur Cerise. Vous pouvez choisir le sujet que vous souhaitez. Nous mettrons, toujours si vous l'acceptez, votre photo, accompagnée de quelques lignes sur votre actualité. Acceptez-vous cette proposition ? Et si oui, pensez-vous pouvoir nous envoyer cette petite nouvelle d'ici le 6 octobre ?
 
Vous pouvez voir des exemples de cette rubrique en lisant nos anciens magazines dans la rubrique "téléchargements" de notre site internet. J'attends votre réponse avec impatience. Bien cordialement, ******

 

19 septembre 2008

L'histoire

Cette info me crève l'oeil sur Rue 89 : les Rosenberg étaient bien des espions soviétiques. L'an dernier, je faisais un cours sur Sylvia Plath et sa Cloche de détresse, ce devait être la deuxième semaine, une étude sur l'incipit du roman :
"C'était un été étrange et étouffant. L'été où ils ont électrocuté les Rosenberg."
Cours sur l'Amérique maccarthyste des 50's, j'ai bossé les Rosenberg, la chasse aux sorcières, la guerre froide, mais la question d'une étudiante sur la fonction exacte de McCarthy me désarçonne : il était quoi ce con? Président non. Premier ministre non. D'ailleurs le 1er ministre des Etats-Unis... Vice-président à la rigueur? Je suis prise au dépourvu, petite litost, je répondrai à la question la semaine suivante : c'était juste un sénateur, McCarthy, rien qu'un foutu sénateur mais qui avait une telle influence que son nom est encore là... Je me souviens que Plath rapprochait implicitement la chaise électrique qui tua les Rosenberg des séances d'électrochocs qu'elle avait dû subir elle-même pour guérir, espérait-on, ses penchants suicidaires. Je me souviens d'un passage anti-peine de mort qui était assez balèze, et que j'avais présenté les Rosenberg comme des victimes du maccarthysme et de la peine de mort (ce qu'ils sont indubitablement). Pourtant, aujourd'hui le témoignage d'un de leurs complices nous apprend que oui, les époux Rosenberg étaient bien des espions à la solde du KGB, voilà, même leurs enfants se résignent à le croire, et Sylvia Plath ne le saura jamais. Et je me demande : qu'est-ce que ça change? L'histoire est-elle moins tragique? Ou davantage?

 

18 septembre 2008

Another brick in the wall

Bizarre : après avoir fait passer une série de mesures visant à recruter les profs à bac + 5, ce qui emmerde tout le monde (les étudiants de licence ont découvert cet été qu'il leur faudrait faire 2 ans de plus que prévu) le ministre de l'Education Nationale s'étonne qu'on recrute des enseignants de maternelle à un tel niveau d'étude, je cite : Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l'Etat, que nous fassions passer des concours bac+5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? Evidemment, le ministre doit être le seul à ignorer que la condition sine-qua-non pour qu'un enfant soit admis en maternelle est la propreté : ma mère a dû en refuser un certain nombre, des petits qui avaient encore la couche à deux ans et demi... Mais il est vrai que ma mère n'avait pas été recrutée à bac+5, sa surveillance des siestes était donc, j'imagine, parfaitement légitime... Le ministre se trouve pris entre plusieurs nécessités inconciliables : celle de faire baisser le chômage des jeunes en les maintenant à la fac pendant 5 ans au lieu de 3, celle de justifier la carotte d'une augmentation de salaire pour des profs qui seront du coup "mieux formés" (ah ah, et qui feront surtout beaucoup d'heures sup obligatoires, et qui seront même "bivalents" d'ici-peu), celle de fermer à moyen terme les IUFM qui coûtent cher, celle de fermer des classes qui coûtent cher elles aussi... c'est sûr, à force de vouloir faire entrer dans le shaker de son discours des contraintes de productivité tous azimuths, on finit par dire des conneries. En tout cas, nul doute que les propos de Darcos auront fait beaucoup pour la meilleure considération des professeurs des écoles : les parents se sentiront désormais pleinement justifiés de les traîter comme des gardiens d'enfants, qui plus est, trop payés, trop formés, et qui pètent plus haut que leur cul. Pour accompagner la fermeture des maternelles, à quand une campagne Boutin-Morano-Bachelot pour promouvoir l'allaitement prolongé? On pourrait même y adjoindre une petite allocation, ça ferait baisser le chômage féminin.

 

14 septembre 2008

J'ai froid

C'est pas encore monstrueux, hein, faut pas charrier, mais voilà, assise à mon bureau fenêtre fermée avec un gilet un pull et une écharpe, je me les caille comme en hiver à Nice, et ce n'est que le début d'un long processus qui va durer six mois. Va falloir que je me donne des coups de pieds aux fesses pour ne pas hiberner. Je lorgne déjà sur le solarium de la piscine... Jérôme dit que c'est cancérigène. Moi je pense qu'au mois de décembre, ça pourra quand-même bien me retaper le moral. Pour l'instant, le ciel est encore bleu, même très bleu hier, on s'est installés en terrasse sur une petite place et on a regardé passer les touristes en commentant leurs tenues vestimentaires... Un air de Cours Saleya (lunettes de soleil, médisance et farniente) on s'est sentis redevenir niçois. Sauf qu'on cherchait la mer. Depuis ce matin, mon portable français est désactivé. Ca sent l'exil.

 

9 septembre 2008

La diplomatie

Même si je suis franchement novice en politique internationale, quand-même, je m'étonne qu'on nous présente (sur les médias français) cette semaine l'accord signé par Sarkozy et Medvedev comme une victoire de la diplomatie européenne (et française en particulier). Si je me souviens bien, il y a un mois, Kouchner expliquait à la télévision, carte en main, que les soldats russes faisaient du nettoyage ethnique en Ossétie du sud, qu'ils se débarrasaient des géorgiens installés sur ces territoires, que c'était absolument inadmissible, qu'on ne pouvait pas laisser faire une modification unilatérale des frontières de la Géorgie, qui serait totalement contraire au droit international. Bref, la Russie ne devait pas proclamer "l'indépendance" de deux provinces géorgiennes, dans lesquelles on pouvait désormais tuer des géorgiens et/ou les foutre dehors alors même qu'ils habitent là depuis des décennies. Or, cette semaine, on s'est beaucoup réjoui de la victoire diplomatique de Sarkozy, qui a obtenu quoi? Que l'Armée russe se retire de Géorgie... c'est à dire de la "nouvelle" Géorgie, délimitée par ses nouvelles frontières (sans l'Ossétie et l'Abkhazie). On leur a donné un mois, et pour l'instant, ils ne le font pas, ce qui est moyennement étonnant vu leur empressement à tenir leurs engagements d'août dernier. Mais, même s'ils le faisaient, la révision des frontières semble avoir été entérinée par l'accord diplomatique. Et tout le monde trouve ça très bien. En plus, Medvedev est revenu sur les dispositions de l'accord concernant les observateurs de l'UE : son interprétation du texte est très différente de celle qu'en font Sarkozy et Javier Solana : les observateurs de l'UE pourront aller en Géorgie, mais pas en Ossétie ni en Abkhazie. Donc, impossible de vérifier ce qui s'y passe. Quid du nettoyage ethnique dont parlait Kouchner? Il a cessé ou il continue? Hier, des soldats russes ont tué un policier géorgien, en territoire géorgien. Nul doute que le retrait est en bonne voie... Bravo à la diplomatie européenne, l'opération de com' est une grande réussite en effet. Un tour de force.

 

5 septembre 2008

Ecrire au kilomètre

Le week-end dernier nous sommes allés au château de Trebesice (sans les accents, ça a l'air facile à prononcer). A une heure de Prague, le château accueille des artistes en résidence. Ils présentent leurs oeuvres au public lors de la "very special garden party" qui cloture leur séjour. Nous étions venus voir les travaux d'Amande In, artiste française qui vit à Prague depuis un an (ceci n'est qu'un des multiples aspects de son travail).

Amande n'écrit pas, elle trace des lignes dans des carnets vides. A la fin, elle calcule la distance parcourue à la main, par sa main, en mètres et en kilomètres. Les lignes s'échouent toutes sur une feuille blanche unique où elles tracent une sorte de calligramme muet qu'Amande appelle Ecumes et qui témoignent du travail accompli. Les carnets d'Amande sont aussi vides après sont passage qu'avant : le geste de l'artiste a opéré un travail à la chaîne, un travail d'usine, patient, répétitif, qui ne demande pas de réflexion, mais qui permet peut-être la méditation. Lorsqu'Amande s'assied dans un café pour tracer ses lignes, de loin son geste ressemble au mien lorsque j'écris. La tête penchée sur son cahier, Amande a la posture, appliquée, méditative, romantique? de l'écrivain. Elle pourrait incarner cette mythologie de l'écrivain à sa table. Sauf qu'elle n'écrit pas. Son geste d'artiste souligne aussi la vacuité de cette mythologie : image d'épinal pourtant si constitutive du désir d'écrire (comme dit Barthes, comme dit Sartre). Peut-être parce que l'image est vide, comme le cahier, elle peut devenir le réceptacle de ce qui sera littérature. Comme les carnets d'Amande seront aussi, plus tard, le réceptacle de calligraphies tracées dans un geste beaucoup plus torturé, beaucoup plus hésitant que le sien. Alors l'écrivain aura peut-être conscience, en s'appuyant sur ces lignes tracées à main levée, imparfaites, du travail effectué en amont de son écriture : les petites mains qui fabriquent le support des oeuvres, le temps passé par elles à cette tâche presque invisible. Ou bien l'écrivain pourra, à son tour, sans conscience et presque automatiquement, écrire au kilomètre. Il m'est arrivé d'envier Amande pour la quiétude de ses séances d'écriture blanche.

 

3 septembre 2008

U amicu

Je voulais parler du financement du RSA, mais si vous vous demandez pourquoi je vais payer la taxe alors que ni Arnaud Lagardère, ni Martin Bouygues ni Carlita ne vont mettre la main à la poche... et qu'au final ça ne va même pas résoudre les problèmes, vous pouvez lire le papier limpide de Philippe de Jonckheere où tout est très bien expliqué.
Après, je voulais vous parler de la Corse, parce que ma maman y est, et que chaque année, quand maman est en Corse, il s'y passe des trucs affolants. Mais j'ai trouvé quelque part le papier que j'aurais écrit si j'avais pas voulu déconner du tout, et accrochez-vous, les ennemis de mes ennemis sont mes amis comme l'avait compris Eric Rohmer et donc, ben, là, chuis d'acc à fond. Ah oui, contrairement à ce qu'a dit Le Parisien, aucun volatile n'a été cruellement jeté dans la piscine de la fripouille... c'était un coq en plâtre. Eh, eh, ils ont beaucoup de goût les amis de notre président.

L'heure approche où les expats commencent à regarder leur ordi avec concupiscence parce que les Guignols du jour seront bientôt en ligne. Et même l'intégralité du Grand Journal...Vous n'imaginez pas la délectation... Même les blagues d'Ariane Massenet me font sourire. Omar et Fred je me roule par terre. J'étais limite fébrile de voir Nothomb hier. Super tendue pour Angot aujourd'hui (non, je déconne). Mais ce n'est pas la faute des tchèques, hein : je joue toute la journée avec le puzzle de ma thèse. Alors le soir...